Alter Eco s’engage aux cotes de We Love Green

Cela fait 7 ans que Eric Garnier, directeur filières et relations publiques d’Alter Eco, s’engage à promouvoir une logique de développement durable à travers le commerce équitable et l’agriculture bio. Nous l’avons rencontré afin qu’il nous explique les tenants et les aboutissants de son engagement au sein de son entreprise mais aussi, au coeur du festival We Love Green.


We Love Green : Peux tu présenter en une phrase ce qu’est Alter Eco ?
Eric Garnier : Alter Eco est un projet qui vise à soutenir des coopératives agricoles, un peu partout dans le monde. On importe la matière première et on les soutient à travers des mécanismes de partenariats pour participer à leur développement.
WLG : Quelle est la garantie Alter Eco ?
E.G : On travaille avec une méthodologie d’audits. On est très transparent sur tous nos outils et, chaque année, on va voir toutes les coopératives avec lesquelles on travaille. On passe 50 critères, économiques, sociaux et environnementaux. Et grâce à tout ce travaille d’audit et de suivi sur le terrain, on est en mesure de faire ce qui s’appelle l’AlterEcomètre. Ce qui va nous permettre de donner aux consommateurs quelques infos assez précises et pertinentes sur l’impact de son acte d’achat sur le développement des coopératives : combien de familles sont concernées par ce projet, quelle est la surface cultivée par ces agriculteurs, la plus-value qu’ils perçoivent en travaillant avec AlterEco par rapport au marché conventionnel, et quel est la part du produit que vous allez acheter qui va retourner au pays d’origine. Il y a tellement d’acteurs qui font du bio, du commerce équitable, du développement durable, que les gens se sentent un peu perdus et deviennent sceptiques. Donc, dès le début, on voulait arriver à traduire de manière un peu synthétique tout le travaille qu’on fait.
WLG : Vous travaillez beaucoup avec les pays du Sud, mais agissez vous aussi en France?
E.G : Oui, c’est récent, on a commencé en 2011 un partenariat avec des agriculteurs français. Ca faisait longtemps qu’on en avait envie. Trouver des agriculteurs qui nous ressemblent et avec qui on avait envie de partager et de soutenir leur développement. On s’était plus concentré sur le soutien des agriculteurs au Sud, car il ne faut pas se tromper, un agriculteur qui a 1,5 hectare de café en Ethiopie, n’a pas du tout la même situation qu’un agriculteur français, même si on sait qu’il y a des difficultés dans le secteur agricole français qui sont importantes. Mais là, l’idée qu’on a montée avec la Corab, une coopérative de Poitou Charente, c’était surtout de mettre en avant le fait qu’une autre agriculture était possible, une agriculture qui s’intègre à l’environnement et prend en compte la biodiversité.
WLG : Comment expliques-tu le fait que tu traites avec des petits producteurs pour ensuite aller dealer avec des grandes enseignes de supermarché ?
E.G : C’est un peu la schizophrénie qui nous habite au quotidien, on fait le grand écart entre d’un côté la défense d’un modèle à échelle humaine, avec un autre rapport au temps et à la terre, et de l’autre côté on est potentiellement amené à vendre nos produits à des temples de la grande consommation qu’est la grande distribution. Ce n’est pas évident mais c’est là toute l’excitation qui réside dans notre modèle économique. C’est une vraie mission d’arriver à prouver que l’on peut faire des choses alternatives même dans un secteur concurrentiel hyper fort qu’est l’agroalimentaire dans la grande distribution.
WLG : Quel est l’engagement d’Alter Eco au sein du festival We Love Green ?
E.G : C’est fournir des bons produits, tous issus de l’agriculture biologique familiale, du commerce équitable et compensés carbone, comme du thé, du café, du chocolat. Et ce, à tous les festivaliers, les bénévoles, le staff, etc. On a commencé le partenariat l’an dernier et on était content de soutenir cette première initiative. On a vu que c’était vraiment un festival engagé, qu’il y avait une vraie prise de conscience de tous ces enjeux et une volonté dans l’opérationnel d’arriver à créer une espèce d’alternative. On était ravi de pouvoir participer à cet effort de sensibilisation sur la partie alimentaire et à cette envie de faire un  festival différent. C’est une vraie fierté pour nous d’y être associé.
WLG : Comment va se concrétiser précisément votre action au sein du festival ?
E.G : On souhaite proposer des produits les plus sains possible. Donc réduire les émissions de CO2 pour chacun de nos produits (transport minimisé, emballage limité, utilisation de papiers FSC) et pour que ce soit cohérent et en accord avec nos valeurs et celles du festival. On veut proposer des produits engagés dans un festival engagé.
WLG : Alter Eco a aussi son festival qui s’organise chaque année au Cabaret Sauvage. Qu’est ce qui est le plus difficile dans l’organisation d’un festival 100% green ?
E.G : Un des trucs assez compliqué, c’est la gestion des déchets. Et le premier enjeu d’un festival engagé, c’est la sensibilisation. Ils ne faut pas que les festivaliers est une conscience environnementale d’une durée de 2 ou 3 jours, mais qu’il y est cette volonté durable de changement. On peut sensibiliser à partir du moment où on est nous même cohérent dans notre démarche. Puis, un autre aspect assez compliqué, c’est la gestion de l’énergie, sur laquelle We Love Green a fait un boulot fantastique. Nous, on arrive a faire beaucoup de chose en terme de sensibilisation, de tri, d’alimentation, de compensation mais ce qui est important avant de parler de compensation c’est de parler de réduction. Sur la partie énergétique, c’est vrai qu’on est complétement démuni car on organise notre festival dans une salle et on ne peut pas agir dessus. C’est là que We Love Green fait un boulot de dingue car toute la partie technique est montée aussi, autour d’une considération environnementale et pour moi c’est un des gros succès de ce festival. Ca apporte une vraie crédibilité.
WLG : Comment minimiser votre empreinte carbone sur le festival ?
E.G : Un des premiers facteur d’émissions pour les entreprises, c’est le transport. Alter Eco travaille sur une optimisation du transport, c’est à dire, remplir les camions au maximum, ce qui n’est pas toujours fait par toutes les marques, et on essaye que les tournées des transporteurs soient le plus optimisées pour qu’il y est le moins d’impact carbone possible. Et ce qu’on ne peut pas réduire, on le compense automatiquement par un projet de reforestation ou de conservation de zone menacée en Amazonie péruvienne.
WLG : Penses-tu que les initiatives, comme We Love Green, puissent aider à faire évoluer les mentalités durablement ?
Oui, je pense que ca fonctionne. Surtout aujourd’hui où la communication sur ces sujets là est souvent anxiogène, à coup de culpabilité du genre « la planète va mal, on coupe la forêt, on perd en biodiversité ». Il ne faut pas occulter ces problématiques mais c’est important d’avoir une communication positive et festive. On est toujours plus à même d’écouter losque c’est fait de façon positive et ludique. On en a marre d’entendre ce que l’on doit faire et je pense que le festival We Love Green est une bonne illustration d’une sensibilisation du public à travers une communication positive. C’est un très bon levier pour faire évoluer les mentalités.

 

 

Publié dans Mode | Bookmark | Par Charlotte Sarrola

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