Ásgeir - We Love Green

Ásgeir

La musique d’Ásgeir est peut-être l’une des plus profondes. Après avoir rencontré un joli succès sur sa terre natale avec son premier album, l’éloquent artiste islandais a largement étendu son audience grâce à une réédition en anglais, intitulée In The Silence. Musicien parmi les plus sincères et sensibles, Ásgeir revient aujourd’hui avec le projet le plus courageux et intemporel de sa carrière.

Bury The Moon – ou Sátt en islandais, débute sous le signe du chagrin d’amour et de la fuite. Ásgeir contemple la désintégration d’une longue relation, et prend la décision de s’échapper, de se perdre dans l’immensité de la campagne islandaise. Il passe ainsi l’hiver confiné dans une minuscule maison de vacances, seul avec sa guitare et ses réflexions infinies sur l’amour et la perte. Les chansons prennent vie. Les méditations acoustiques se mêlent aux errances synthétiques : Ásgeir est finalement prêt à revenir. « Je n’ai choisi que la guitare et le piano, car je voulais que l’album soit simple, brut, sans prétention. Je voulais que les chansons parlent d’elles-mêmes. » Déployant ses idées fraîches en studio, Ásgeir rassemble une équipe qui lui ressemble, et invite des paroliers pour façonner cette nouvelle matière. De fait, Ásgeir a toujours travaillé de cette manière : il sculpte les mélodies, les arrangements, tandis que les mots de ses pairs équilibrent le tout. Le premier titre qu’Ásgeir a réalisé pour cet album, ‘Living Water’, est une ode magnifique aux ressources naturelles de l’Islande, et à l’urgente nécessité de les protéger. La chanson débute par un poème, de la plume du père d’Ásgeir, Einar Georg Einarsson.

Einar Georg Einarsson a écrit une grande partie des paroles de son fils à ses débuts, et cette collaboration n’a fait que renforcer leur relation. « Le côté lyrique de l’album est, parfois, un peu plus personnel pour moi maintenant, car mon père et moi l’avons fait ensemble. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble ». Par moments, Bury The Moon est le reflet de l’expérience personnelle et douloureuse qu’a vécu Ásgeir en s’isolant lors de la composition. ‘Rattled Snow’ traduit le frisson du froid islandais, tandis que ‘Lazy Giants’ évoque le sombre fantôme de la crise économique. ‘Youth’, quant à lui, conte l’enfance, notamment à travers les paroles pensées par Ásgeir et son père. Musicalement, l’album est aussi direct qu’il est surprenant, promenant son auditeur entre délicieux passages folk et cliniques nappes électroniques. L’album est une passerelle entre l’intime et le monde extérieur, liant l’indéniable force acoustique d’Ásgeir à de brillantes et addictives nouvelles idées. « Donner à la chanson ce dont elle a besoin, et rien de plus » était d’ailleurs le fil conducteur lors de la création de l’opus.

En acceptant ses propres imperfections, Ásgeir a peut-être produit son oeuvre la plus remarquable. Parolier américain et habitant de Reykjavik, John Grant l’a aidé à traduire les paroles en anglais. Or la voix, elle, ne pouvait appartenir qu’à une personne. C’est cette même voix qui a élevé le premier album, ‘In The Silence’, au rang qu’on lui connaît. Mais loin d’être troublé par le succès, Ásgeir se concentre sur son art et ses fans.

«  J’attends avec impatience de voir les réactions des gens », dit-il. « Je voulais que le projet soit quelque part un retour à ses racines, et de faire la part belle à l’honnêteté : des chansons honnêtes, avec des mélodies et paroles fortes ».